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Droit fiscal & protection
8 septembre 2026
Le statut de lanceur d'alerte en droit fiscal

La circulaire 2026/C/39 définit le cadre de traitement des signalements fiscaux et la protection des lanceurs d'alerte.

Droits fondamentaux
1er septembre 2026
Quand le fisc va trop loin : la CEDH condamne l'absence de garanties

Accès aux données bancaires sans contrôle indépendant : violation de l'article 8 (CEDH, 8 janvier 2026).

Crypto & fiscalité
1er août 2026
DAC 8 : vous détenez un portefeuille crypto ? N'attendez plus !

Transposition de la directive DAC 8 : les plateformes crypto déclarent désormais vos flux au fisc.

Droit européen & fiscalité
12 mars 2026
La CJUE sanctionne les centimes additionnels à charge des non-résidents

Libre circulation des travailleurs : la Cour interdit les centimes additionnels qui alourdissent la charge fiscale des non-résidents.

1er janvier 2026
La taxation sur les plus-values

Plus-values : la taxe de 10 % arrive (vraiment cette fois)

Innovation & IA
15 novembre 2025
L'innovation dans le secteur juridique

L'évolution de la médiation et le rôle stratégique de l'IA pour les avocats.

Fiscalité internationale
15 janvier 2025
Travailler à l'étranger peut-il créer un établissement stable ?

L'OCDE apporte un cadre clarifié pour le travail transfrontalier depuis un domicile ou un « autre lieu pertinent ».

Fiscalité locale
13 novembre 2024
Sans photos, pas de taxe : rappel à l'ordre des communes

(Arrêt de la Cour d'appel de Bruxelles du 13 novembre 2024)

Droit fiscal & protection
8 septembre 2026

Le statut de lanceur d'alerte en droit fiscal : la circulaire 2026/C/39

Directive européenne (UE) 2019/1937 transposée en droit belge et mise en œuvre par la circulaire 2026/C/39 du Service de Coordination Anti-Fraude (CAF) – Circulaire du 13 mars 2026.

La fraude fiscale ne se détecte pas toujours depuis l'extérieur d'une organisation. Ce sont souvent les personnes qui y travaillent ou qui gravitent autour d'elle qui en sont les témoins directs, sans pour autant disposer d'un cadre sécurisé pour agir. C'est précisément cette lacune que le législateur européen, puis belge, a entendu combler, en imposant aux États membres d'instaurer des mécanismes de signalement fiables et confidentiels.

La directive (UE) 2019/1937 du 23 octobre 2019 sur la protection des lanceurs d'alerte a posé les fondations d'un dispositif harmonisé à l'échelle européenne. Transposée en droit belge par la loi du 28 novembre 2022, entrée en vigueur le 15 février 2023, elle a été mise en œuvre sur le plan administratif par la circulaire 2026/C/39 du 13 mars 2026, publiée par le Service de Coordination Anti-Fraude (CAF). Cette circulaire définit les modalités concrètes de traitement des signalements fiscaux relevant des compétences du SPF Finances.

L'objectif de ce cadre législatif est double : encourager la détection des fraudes fiscales et protéger les auteurs de signalements contre les représailles.

Qui est protégé par le dispositif ?

Le dispositif constitue une avancée significative en consacrant une conception large des personnes protégées. La loi du 28 novembre 2022 s'applique à toute personne ayant obtenu des informations relatives à une éventuelle fraude fiscale dans un contexte professionnel.

En vertu de l'article 6 de la loi, sont visés :

  • les travailleurs actuels et anciens ;
  • les indépendants ;
  • les actionnaires et membres d'organes de direction, y compris non exécutifs ;
  • les stagiaires rémunérés ou non ;
  • les sous-traitants et fournisseurs ;
  • et jusqu'aux candidats à l'embauche pour des informations obtenues lors du recrutement.

Cette dernière extension est particulièrement notable car elle signifie qu'une personne n'ayant jamais intégré l'organisation peut néanmoins bénéficier du dispositif si elle a eu connaissance de faits de fraude lors d'entretiens ou d'échanges préalables à tout engagement.

La loi étend par ailleurs la protection aux facilitateurs (personnes aidant le lanceur d'alerte dans sa démarche) ainsi qu'aux collègues et proches susceptibles d'être visés par des représailles indirectes.

Qu'est-ce qui peut être signalé concrètement ?

Les signalements visés peuvent concerner l'ensemble des matières fiscales relevant des compétences du SPF Finances, telles que l'IPP, l'ISoc, la TVA, les accises ou encore les douanes.

Pour entrer dans le régime des lanceurs d'alerte, le signalement doit toutefois porter sur des faits de fraude fiscale susceptibles de porter atteinte à l'intérêt général. Une démarche introduite uniquement dans un intérêt personnel ou dans le cadre d'un litige individuel ne relève pas de ce dispositif. De même, les faits de harcèlement ou de violence au travail relèvent d'autres mécanismes et ne sont pas visés en tant que tels par la circulaire.

Comment la fraude peut-elle être signalée ?

La circulaire 2026/C/39 prévoit trois canaux de signalement distincts :

  1. Le formulaire sécurisé en ligne mis en place par le SPF Finances (https://eservices.minfin.fgov.be/webForm/public/fraude/fraude.jsf), présenté comme le canal privilégié.
  2. Le canal de signalement interne organisé par l'employeur, dont les procédures sont définies au sein de chaque entreprise concernée. En vertu des articles 11 et 26 à 31 de la loi, ces procédures doivent garantir la confidentialité de l'identité du signalant, la protection des données personnelles, le traitement diligent du dossier et l'absence de représailles.
  3. Le Médiateur fédéral, qui peut être saisi dans tous les cas.

La circulaire signale par ailleurs que le lanceur d'alerte souhaitant signaler une fraude fiscale « doit impérativement » utiliser le formulaire sécurisé du SPF Finances, les deux autres voies semblant n'être présentées qu'à titre subsidiaire.

Quelles sont les garanties pour les lanceurs d'alerte ?

Confidentialité : L'identité de l'auteur du signalement ne peut, en principe, pas être divulguée sans son consentement exprès et libre. La circulaire rappelle également que les signalements peuvent être introduits de manière anonyme. Cette protection couvre également les informations qui permettraient de déduire directement ou indirectement l'identité du lanceur d'alerte.

Protection contre les représailles : Celles-ci peuvent prendre de nombreuses formes, directes ou indirectes : licenciement, rétrogradation, refus de promotion, modification défavorable des conditions de travail, sanction disciplinaire, harcèlement, mise à l'écart ou atteinte à la réputation. La protection vise donc toute mesure préjudiciable prise en réaction au signalement.

Condition de bonne foi : La protection du lanceur d'alerte suppose que le signalement ait été effectué de bonne foi, sur la base d'informations que son auteur pouvait raisonnablement considérer comme exactes, et dans le respect des procédures prévues. Elle ne couvre donc pas les signalements volontairement faux ou abusifs.